Les jeunes filles à Boende

Bref historique et descriptif du projet
La situation de la femme et de l’enfant en République Démocratique du Congo (RDC) demeure préoccupante du fait de leur vulnérabilité.
La protection de ce groupe et l’amélioration de leur cadre de vie est un devoir qui s’impose à tous, elle exige la participation et l’engagement aussi bien des autorités gouvernementales que des acteurs de la société civile, les communautés, les parents, les femmes et enfants eux-mêmes.

Bana ya Kivuvu accompagne depuis plusieurs années une centaine des jeunes femmes défavorisées dans les différents sites de la ville province de Kinshasa (Kingasani, Paka juma, Lemba, Ngaba, Makala). Une dizaine d’entre-elles sont accueillies chaque année au centre socio professionnel Bongwana ya Mozindo (BOMO en sigle) pour leur prise en charge globale, leur formation professionnelle notamment en coupe couture et autres. La plupart des femmes rencontrées sur le terrain de la prostitution proviennent de la province du grand Equateur, plus précisément des villes de Boendé et Basankusu.

Voulant s’attaquer au problème à la source, Le but de ce projet est de continuer le travail de sensibilisation et conscientisation des hommes et femmes ainsi que les responsables de l’Eglise et les notables de ces deux villes à ce problème, de mettre en œuvre différentes activités enfin d’arrêter la venue de ces femmes et filles à Kinshasa pour la prostitution.

En collaboration avec la Ligue pour la Lecture de la Bible-Région du Grand Equateur, deux missions ont été réalisées en 2018 et début 2019 dans la ville de Boendé dans la province de la Tshuapa, à l’issue desquelles plusieurs activités ont été initiées : rencontres avec les leaders communautaires, responsables d’Eglises…., formations, octroi de micro-crédits, émissions radio etc.

Contexte
Toujours dans une phase fragile de reconstruction et de consolidation de la paix après les conflits, la République Démocratique du Congo reste un pays moins avancé avec une mortalité maternelle et néonatale et une prévalence du VIH très élevées ainsi qu’un héritage de violences sexuelles.
Les filles sont plus particulièrement vulnérables ; les activités sexuelles en échange d’argent pour la survie peuvent commencer à un très jeune âge, le commerce du corps devient un phénomène réel dans toutes les classes sociales, ce qui expose les filles aux violences sexuelles, mariages précoces, grossesses non désirées (1 sur 2 à Kinshasa et 3 sur 4 à Boendé) ou aux infections sexuellement transmissibles, dont le VIH.

Boendé, jadis un territoire, est devenu le chef-lieu de la nouvelle province de la Tshuapa, issue du démembrement de la province du Grand-Equateur. C’est  est une région urbano-rurale au cœur de la forêt équatoriale située à environ 1000 km au nord-est de la ville de Kinshasa, avec une population d’environ 587 548 habitants (2020). On n’y accède que par bateau ou par avion. Nous étions très étonnés de l’ampleur du problème. Depuis l’époque coloniale jusqu’à Mobutu, Boende vivait de la culture du caoutchouc, de l’hévéa, du café, des palmeraies, du bois et du cacao. Aujourd’hui, tout a complétement changé. Les sociétés qui exploitaient ces ressources sont parties avec Mobutu ; plus personne n’achète leurs productions. Les gens ne travaillent plus la terre par peur des voleurs et ils ne font plus la pêche par peur de la sirène… La vie coûte plus cher qu’à Kinshasa.

Vue aérienne partielle du territoire de Boende (wikipédia)

Activités 2019-2020
Une trentaine des pasteurs et responsables d’Eglises formés sur l’évangélisation holistique et le leadership serviteur de développement.
Une centaine des filles formées sur différents thèmes de société.
24 jeunes femmes formées en métier de coupe couture et coiffure.
2 filles scolarisées et 4 inscrites en alphabétisation.
36 filles appuyées en microcrédits.
Plus de 8 hectares de terrain agricole acquis dont environ 5 hectares exploités (production du Manioc, soja et riz)

Voyage à Boende avril 2021